• Globalement inoffensif

    - Bon sang ! On est en train de le perdre !
    - Passez moi Charlie !
    - Charlie ? Ici Abélia !
    - Charlie à l'appareil, je t'écoute Abélia.
    - Nataniel nous aura bientôt semé ! Nous sommes trop lentes ! Il faut envoyer une autre équipe pour l'intercepter par le Nord !
    - Négatif, nous n'avons toujours pas la situation en main ici, il faut que vous teniez jusqu'à ce qu'on les ai repoussés.
    - Nous l'aurons perdu d'une seconde à l'autre ! La mission est compromise !
    - Démmerdez-vous comme vous voulez, mais il ne dois surtout pas s'éch...

    Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, les com's furent coupées. Nataniel n'était déjà plus en vue, forcément... Les motojets étaient réputées pour leur vitesse inégalable... Le plus surprenant était qu'il sache encore la piloter après ce que Julia lui avait fait subir. J'étais étonnée aussi qu'il n'y ai personne pour couvrir sa fuite, après l'armée qui nous était tombée dessus au QG... Etrange.

    Et en effet, ce n'était pas normal car après un virage serré sur la droite, Lya, qui conduisait, s'effondra sur le volant après que notre pare brise ai volé en éclat. La voiture, lancée à du 100km/h grâce au pied de Lya bloqué sur l'accélérateur, ne tarda pas à aller s'emboutir sur le coin du mur juste en face de nous. Sous le choc, le capot se ratatina et la voiture fut compressée d'un bon mètre. Elga quand à elle passa à travers les restes du pare brise et alla s'éclater la tête sur le mur, abandonnant une partie de son cerveau aux briques noircies par la pollution. Je devais avoir les deux jambes cassées, écrasées par le choc contre le siège avant. J'eus à peine repris mes esprits qu'un vampire atterri à côté de ma portière, son arme à la main. La vitre était brisée, je n'eut aucune difficulté à comprendre ce qu'il articula à mon adresse :

    - Vous avez perdu, merci d'avoir joué.
    Il tira, ce fut immédiat et le noir suivit.

    ____________________________________________

    "Avez vous déjà observé ce qui se passe dehors ? Le comportement des gens ? Le sens dans lequel va leur vie ? La direction qu'ils empruntent ? S'il y a bien quelque chose qui m'a toujours choqué dans notre société, c'est le fait que tout est à sens unique. Du moins au niveau de l'individu. Mais aussi au niveau de la société. On ne sait marcher que dans un sens, se comporter que d'une seule façon à un instant donné et enfin vivre qu'en évoluant vers la mort.

    Certains scientifiques contemporains ont lancé une hypothèse assez intéressante à propos des fourmis. Voyez vous, si d'aucuns jugent que la société des fourmis (disons au niveau de la fourmilière) est si parfaite, c'est parce que tout les mouvements globaux engendrés par la société entière sont tous coordonnés pour avancer dans le même sens. Par exemple, si une éclaireuse signale une carcasse à deux mètres de la fourmilière, toutes les ouvrières vont marcher dans le même sens et travailler dans le même but : nourrir la société. Cela dit, d'autres ouvrières travaillent sur d'autres tâches : élevage des pucerons, entretient de la chambre royale, réfection du nid, recherche de matériaux de construction, etc. Mais on remarquera avec étonnement qu'aucune fourmis ne fait quelque chose de contraire à la tâche à laquelle elle est assignée, de plus, chaque ouvrière possède une tâche. Celles-ci étant accomplie par une maximum de fourmis en un minimum de temps ; et en parfaite coordination des efforts individuels pour ne donner qu'un effort collectif, bien plus important que l'effort individuel.

    Avant l'avènement de "La Firme", notre société était le contraire de la société fourmis. Certaines organisations indépendantes (car elle ne savait être dépendante de rien du tout) construisaient un building. D'autre organisations (terroristes ou non) le détruisaient. Des individus naissaient, d'autres les tuaient (souvenez vous de ce qu'étaient les assassins). Des pays se créaient une économie, au détriment de celle du pays voisin. Certains passaient leur vie à ne rien faire, profitant de l'argent de ceux qui travaillaient, favorisant l'insécurité dans les rues et ruinant l'économie globale. La liste peut encore être longue.

    C'est en observant les fourmis que "La Firme" a compris. Ce qui justifie son avènement aussi fulgurant qu'efficace, c'est le fait que cette toute puissance commerciale a compris qu'il fallait regrouper toutes ces organisations, leur donner un but commun, les dresser à travailler sans rechigner et les programmer uniquement pour le travail. C'est là qu'intervinrent les "Bornes d'informations" et les implants. Quiconque voulait être engagé dans cette immense société polyvalente (et ils étaient nombreux), devait se faire implanter un neuroprocesseur dans le cerveau, et relié au poignet, afin de pouvoir se connecter aux "Bornes d'informations". Ces bornes envoyaient en fait, directement dans le cerveau, un condensé de l'actualité mondiale, un aperçu exhaustif des nouveautés culturelles et un briefing sur la mission de l'individu connecté, le tout en quelque nanosecondes. Le concept fit rapidement fureur.

    Non seulement "La Firme" devint rapidement la plus grosse puissance économique mondiale, mais en plus elle créa le "territoire mondial", un pays unique qui regroupait tout les autres sous une même bannière : un globe terrestre sur fond blanc. "La Firme" est à présent la première (et seule) puissance économique mais également politique. Jamais le monde n'avait aussi bien tourné, une société de fourmis en somme.

    Personnellement je trouve le principe génial. Enfin, je l'aurais trouvé génial si je n'avais pas commencé à me poser certaines questions... Comment se fait-il que tout le monde ai accepté sans discuter d'avoir un implant dans le crâne ? Comment est-il possible que les grandes puissances politiques acceptent la prise de contrôle d'une entité qui n'avait rien de politique ? Et comment un cerveau aussi évolué que celui de l'humain accepte subitement de participer durablement à la croissance globale sans retomber dans la décadence qu'on lui connaissait ? Toutes ces questions me turlupinent.

    Cela fait un an aujourd'hui que je cherche à comprendre. J'en viens presque à croire que ces "Bornes d'information" ont littéralement lobotomisé mes contemporains. Pour ma part, j'évite soigneusement de m'y connecter à nouveau, je fait profil bas, je suis la mission qui m'était attribuée, c'est à dire réussir mes études de psycho-biologie et surtout j'évite de me vanter de cette indépendance. Je soupçonne également "La Firme" de posséder une face cachée, une face assez déplaisante à mon avis. Probablement une armée ou quelque chose de ce genre. Pour tout vous dire..."

    C'est là que mon écran devint noir. Seul un trait vert clignotant subsistait en haut à gauche. Je pestais contre la perte de ce que je venais d'écrire, n'osant pas réinitialiser mon PC de peur de perdre mon texte définitivement. Mais c'est là que l'inexplicable se produisit. Le trait écrivait ! J'avais été piraté ! Malgré tous les firewalls, anti-virus, protections et tout le bordel que j'avais à ma disposition, un pirate était entré ! Je n'avais pas le temps de râler d'avantage, le trait avait fini d'avancer. J'haussais un sourcil dubitativement. Ce qui figurait sur l'écran me remplissais autant de perplexité que de crainte. J'allais vers la fenêtre et c'est là que je le vis : un hélico fonçait droit sur mon immeuble et au loin les sirènes commencèrent à hurler. Je quittais la pièce en trombe, laissant ma bécane et tout mon matériel derrière moi. Sur l'écran scintillait encore le message : "Tu as 2 minutes pour DEGAGER !"

    ______________________________________________________

    L'alerte avait été donnée par le PC à une sale heure : l'heure du dîner. J'avais abandonné à regret mon steack-haché et mes frites au ketchup et enfilé mon imper' élimé. Alex avait été rétissante à l'idée que je parte bosser aussi subitement, une fois encore il avait fallu que je sois sévère avec elle, un jour il faudra que je la rosse comme il faut. Il fallait que j'y aille, c'était ma mission. Cette gamine ne comprendra jamais.

    Dehors la ville hurlait déjà après le terroriste, l'hallali était donné. Ma caisse m'attendait tranquillement de l'autre côté de la rue, comme toujours. Il ne fallu pas longtemps pour que la radio nous signale que le type en question s'était fait la malle, chose somme toute assez rare. Mais ça arrivait... De temps en temps. Je m'arrêtais à une borne pour recevoir les nouvelles instructions et, chance, c'était de rentrer chez moi, le terroriste s'était volatilisé. Oh je ne me faisait pas de soucis pour lui, tôt ou tard, on le retrouvera. On les retrouve toujours.

    Je me garais dans le garage cette fois, je savais qu'il n'y aurait plus d'urgence pour aujourd'hui. Il était 17h et la ville était calme en soirée. Elle l'est presque toujours depuis l'avènement de "La Firme". Les services de police ont disparu, sans fonction depuis la vague pacificatrice. "La Firme" n'avait gardé qu'une unité d'intervention d'urgence pour parer aux éventualités comme celle de cet après-midi. C'était mon job que de coincer les terroristes signalés par les services informatique du PC. On les appelait les hackers, ces truands du net, cherchant à percer les services informatiques de "La Firme". Tout le reste de l'ex pouvoir exécutif ayant été affecté à d'autres fonctions comme le travail agricole, la coordination, le management ou encore le travail ouvrier.

    Dix-huit étages, il faut une minute à cet ascenseur antédiluvien pour m'emmener au sommet de mon immeuble. C'est là que je repensais qu'il fallait que je file une solide correction à cette peste. Depuis qu'elle est sortie du berceau, cette gamine ne m'avait causé que des ennuis... Et maintenant elle se rebellait contre les principes fondamentaux de notre belle et florissante société.

    Sa mère avait insisté pour l'apeller Alexia, un prénom fantasque pour moi, un prénom qui la prédisposait déjà à la rébellion. Et puis sa mère est morte des suites du cancer qui la rongeait, cancer qui épargna malheureusement ma fille avant sa naissance. Rien que pour me calmer les nerfs, elle va déguster deux fois plus.

    Quand j'arrivais devant la porte de mon appartement mes mains frémissaient rien qu'à l'idée de cogner un bon coup sur son petit crâne blond, lui faire ravaler son arrogance et son insolence. Et quand la porte fut ouverte, je la vis. Elle était debout devant moi, très calme, ses yeux bleus électriques rivés dans les miens, elle était également nue, chose curieuse vu qu'elle refusait de se révéler de cette façon à mes yeux depuis ses quatre ans. Dans cette posture, je pu voir ses bleus et marques diverses laissées par mes corrections passées. L'autre chose encore plus curieuse était ce colt python magnum, mon colt, qu'elle braquait en direction de mon visage. Mon sang ne fit qu'un tour, je savais qu'elle n'aurait jamais pu trouver les balles pour charger l'arme.

    - Petite pute, tu vas voir ce que tu vas prendre.

    Et elle tira. Pas dans la tête mais bien dans mes couilles. Cette poufiasse m'éclata littéralement les parties.
    Je tombais à genoux devant elle, étreignant mon entre-jambe qui déversait un flot de sang chaud et saccadé.
    Elle s'approcha et parla.

    - Tu aurais dû voir l'expression de surprise, et maintenant de douleur, qui ont illuminés ton visage daddy.

    Elle marqua une pause, très calme.

    - Vois-tu, je ne juge pas très opportun de ta part de tabasser et violer régulièrement ta propre fille alors que celle-ci est une future valkyrie.

    Je lui fis comprendre par un regard que je ne saisissais pas.

    - Ce n'est pas grave, dans une minute, tu sera mort, plus besoin de rien comprendre. Mais mon ami Charlie ici présent va t'expliquer.

    Et un type parla depuis l'embrasure de la porte de la cuisine. Je n'eut pas la force de regarder dans sa direction, je ne pouvais plus que sentir mon sang se déverser et mon ouïe commencer à être troublée par un sourd battement.

    - Nous réquisitionnons votre fille monsieur Donloe, une surdouée insoumise ! Elle est promue à un brillant avenir. Du moins si elle se remet un jour de ce que vous lui avez fait subir. Quand à votre avenir personnel, il me semble incertain, je le crains. Alexia chérie, il va être temps d'y aller !

    Elle sourit pour la première fois depuis deux minutes et rappuya sur la gâchette. Je sentit mon crâne éclater et mon cerveau se faire réduire en bouillie. La mort me hâla de son bras décharner pour m'emmener au loin. Bon Dieu que je hais cette gosse.


  • Commentaires

    1
    Phanelia
    Lundi 5 Mai 2008 à 12:23
    Arf
    Bon j'avoue que j'ai pas encore tout lu mais tu as fait une faute de goût qui mérite qu'on te castre avec une tondeuse électrique.
    2
    aremide
    Lundi 12 Mai 2008 à 12:14
    euh ....
    je dois avouer que tes 2 derniers articles me font beaucoup reflechir , surtout sur notre societe actuelle ,....
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