• Nataniel et Alexia

    Le jour se lève enfin. J'entends les gémissements des moribonds sur l'autre rive. Le soleil les achèvera.

    Pourtant, cette fois, c'est différent... Ezekiel est là, enfin. Il se tient face à l'horizon, fier, son manteau flottant au vent. Ses longs cheveux blancs flottent eux aussi et prennent des reflets argentés sous le soleil. Ce soleil que nous n'avons plus pu contempler depuis si longtemps. Je regarde mes mains pleines de sang et les essuie sans me presser, c'est la dernière fois que j'aurais à faire ce geste, du moins je l'espère. Ezekiel retire ses lunettes noires et laisse les rayons lumineux baigner son visage.

    Par terre, l'herbe ondule sous la brise qui commence déjà à se réchauffer, j'ai l'impression de revivre. Nataniel surgit de derrière un arbre, accompagné de trois soldats humains, tous fumaient une cigarette en contemplant le lever de notre étoile. Notre bonne étoile.

    C'est là que je me suis souvenu de mon passé. Avant que la guerre n'éclate, j'étais encore étudiant, mon seul souci était les examens et j'étais encore avec Elle, avant qu'elle ne tombe, sous les coups de griffe. Suivirent les évènements que tout le monde connaît : la domination de "La Firme", leur prise de contrôle du subconscient de toute vie humaine par le biais de leurs "bornes d'information" et grâce à leurs "lycans". C'est leur barroud d'honneur que nous venons de réduire à néant. A présent, les portes sont grandes ouvertes, nous maîtrisons leur système informatique et leur bras armé. Nous, les gens de la nuit, les "vampires" sommes finalement vainqueurs.

    J'ignore ce qui nous attend une fois que nous aurons délivré la première grande ville, j'ai peur de tomber sur une armée de légumes, j'ai peur qu'il soit trop tard... Mais nous verrons. J'enlève moi aussi mes lunettes et m'allume une clope. Nataniel sourit :

    - Tu vois que tu y prends goût.

    On s'habitue à tout.

    __________________________________

    Incroyable ! C'est tout bonnement incroyable ! Ma chef de section me guide à travers les couloirs blancs du PC. Une des valkyrie surgit devant moi par une porte à droite, grande, mince, raide, fière et vêtue d'un tailleur sobre. L'une des pire machine à tuer de notre époque.

    Nous entrons dans une petite pièce dont le murs sont tapissés de placards métalliques gris, une cadenas pendant à chaque porte.

    - Voici le tiens ma belle ! Fais-en bon usage !

    Elle venait d'ouvrir un des placards au fond de la pièce en me considérant gravement.

    - Tu devrais venir me rejoindre à la salle de massage d'ici une demie heure, on prendra du bon temps...
    Elle me fit un large sourire accompagné d'un clin d'oeil. Je restais sans voix, sans savoir comment me comporter vis à vis d'elle.

    - Allez, tu verra ça te fera du bien, on est toutes un peu désorientées en arrivant ici. A dans une demie heure, okay ?

    Je lui fit un petit signe de tête gêné en guise d'approbation et elle tourna les talons pour aller faire son rapport. Dans le placard, il y avait mon uniforme, ou plutôt mes uniformes : un tailleur, le même que tout le monde ici, un équipement noir pour les missions de terrain et une tenue de plongée. J'enfilais le tailleur.

    Le PC était en fait une base de sous-marins désafectée. La Firme avait récupéré ce hangard pour y coordonner ses armes le plus meurtrières : les valkyries. Surentraînées, suréquipées et surchouchoutées, les valkyries étaient aussi redoutables que séduisantes. La base n'était dirigée que par des femmes et par... Charlie !

    - Entrez medemoiselles !

    Le bureau de Charlie n'était pas aussi sobre que tout le reste de la base que j'avais pu visiter : un bureau noir posté au milieu d'une pièce au ton pourpre, cette dernière richement meublée... On se serait cru dans le bureau de Tony Montana. Nous nous assîmes sur les sièges que nous présentait Charlie, face au bureau. Visiblement, Charlie avait souhaité me rencontrer avant que ma responsable fasse son rapport.

    - Sonnia, j'ai besoin de vos services.

    Ma chef de section haussa les sourcils en signe d'interrogation. Charlie se leva et se dirigea vers le minibar dans un coin de la pièce.

    - Comme vous le savez, La Firme souhaite que certaines informations restent euh... confidentielles. Dit-il en se versant un verre de scotch.
    Un rebelle, masqué sous le pseudonyme de Nataniel, est parvenu à pénétrer nos réseaux informatique de Sydney et y a découvert l'existence des "douze portes", un système de défense anti-piratage exceptionelement perfectionné. Il y a également découvert une des clés de ces portes. Ce terroriste doit être arrêté de toute urgence, interrogé et exécuté dans les plus brefs délais. Vous me suivez ?

    - Je suis sur vos talons. Répondis Sonnia avec un sourire complice. Combien ai-je de temps ?

    - Quarante-huit heure ma belle. Le haut commandement m'a ordonné de mettre ma meilleure section sur le coup, je vous fait confiance.

    - Je vous le rapporterai dans moins de temps qu'il ne faut pour le dire... sur un plateau d'argent, et vivant ! Dites moi juste où le localiser.

    Charlie parut gêné.

    - Eh bien, je dois vous avouer que je comptais un peu sur vous pour accomplir cette tâche. Il se trouve que l'individu en question a réussi à tromper nos services de renseignements et à se débarrasser de son implant, ce qui le rend inlocalisable. C'est pour ça que je vous ai fait venir Alexia.
    Il me lança un regard entendu et lourd de sous-entendus.

    - Je sais que vous êtes nouvelle ici et que vous devez être particulièrement intriguée par... les "largeurs" dont fait preuve La Firme à notre égard, mais j'ai aussi vu vos résultats d'aptitude et de compétences. Je pense que ça devrait être à votre portée.

    Cette fois, je me retrouvais dans mon élément.

    - Bien sûr monsieur, nous le trouverons, vous pouvez compter sur nous. Je me sentis immédiatement stupide de lui parler comme ça alors que tout le monde semblait si détendu. Il n'en sourit pas moins. Avant de se retourner vers Sonnia.

    - Vous aviez prévu d'aller à la salle de massage je crois ? Parfait ! Ca vous fera le plus grand bien, brieffez votre section sur la situation et accordez vous une heure de détente. Bonne journée mesdemoiselles, et que votre mission se déroule pour le mieux.

    Il nous sera la main vigoureusement et nous quittâmes son bureau à grand pas.

    La salle de massage était une pièce remplie de vapeur d'eau, il y faisait très chaud. On y entrait nues et on y était accueillies par des hommes beaux commes des dieux, nus eux aussi. Ils n'administraient pas que des massages. Et comme j'eut le plaisir de le découvrir ce jour là, l'orgasme n'était pas qu'un mythe.

    C'est là que je fit la connaissance de Julia. Elle était spécialiste en explosifs sur le terrain et experte et interrogatoires une fois rentrée au PC. Elle prenait aussi un malin plaisir à traîter nos "masseurs" comme des objets, ce qu'ils étaient à moitié. Nous avions parlé pendant toute l'heure de repos que Charlie nous avait alouée avant de commencer la mission.

    - N'oublie jamais ça ma jolie : ici, tu es la reine, tous tes souhaits peuvent se réaliser, tant que tu fera ton boulot sans cligner des yeux. Dehors, tu es toujours la reine, l'arme la plus destructrice de ce monde, tu es une libre penseuse armée et entraînée. Personne ne peut te manipuler ou te contrôler, tu es une valkyrie maintenant. Fait juste gaffe à ramener ton petit cul intact pour que ces messieurs puissent en prendre soin à nouveau.
    Et elle éclata de rire.

    Elle n'avait pas tort, les valkyries étaient ces esprits que La Firme n'avait pas réussi à manipuler et à briser, alors elle les avait engagé pour en faire son bras le plus polyvalent et le plus meurtrier. Seulement il semblerait que cette mince tranche de la population mondiale n'était constituée que de femmes, cela ne m'étonne qu'à moitié.

    Quarante six heure plus tard, les portes de l'ascensseur s'ouvrirent sur ma section, Nataniel gisant à nos pieds. Julia était là, elle faisait partie d'une autre section et était restée à la base. Elle était vêtue d'une veste longue en cuir, d'une combinaison en latex et portait des lunettes de soleil. Un des masseurs se tenait derrière elle, légèrement vêtu.

    - Allez mes jolies ! Voyez si vous pouvez faire quelque chose de ça ! Hurla t'elle à notre attention en poussant le masseur vers nous, ivre d'excitation à l'idée d'interroger notre prisonnier.

    J'essuyais le sang qui tachait mes mains, il avait fallu convaincre notre hôte de nous suivre sans histoire. Je savait qu'il faudrait encore répéter ce geste de nombreuse fois durant ma carrière de valkyrie, du moins je le supposais...


  • Commentaires

    1
    Phanelia
    Lundi 28 Avril 2008 à 11:44
    Frustration
    Rhaaaaaa la suiittteeeeeeeee [avec plein de détails croustillants :D]
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