• .:: Soir

     

    Le front appuyé sur le carreau, je contemple la ville. Les lumières criardes du centre, au loin, se mêlent à celles des néons clignotants et malsains du bas de mon immeuble. L'avantage d'habiter au quarantième est qu'on peut profiter d'une vue assez globale que pour se souvenir de l'éternelle dualité de notre siècle : pauvres - riches. Là bas, c'est l'oppulence, la gloire du capitalisme ; ici résident ceux qui ont subit ce capitalisme.

    Une soirée de plus passée seul, à écrire mon livre, à étudier ma documentation, l'histoire de notre civilisation. Sur la table trainent encore les restes du plat chinois que je me suis commandé en vitesse au retour du boulot et mon living-room ressemble plus à une bibliothèque municipale ravagée par un typhon qu'à une pièce où devrait vivre un pauvre petit détective privé à la manque. Quarante deux ans, un imper élimé, un chapeau feutre à 15$ et un appart de merde, à peine quatre pièce de deux mètres sur deux, perché à 160 mètres d'altitude. Le tout dans le quartier le plus mal famé de L.A. Bienvenue chez moi.

    Mon écran d'ordinateur, le dernier modèle, celui d'un mètre carré, mon seul luxe en somme, vient de se mettre à clignoter comme un fou. Il diffuse un halo vert dans toute la pièce et dois faire ressembler mon appart' à une ampoule de guirlande devenue folle. En général quand ça clignote comme ça, ce sont de mauvaises nouvelles, ça attendra.

    Une heure plus tard, je quittais mon quatre pièce miteux en trombe. L'unité centrale de La Firme à New York venait de se faire pirater, la base de donnée avait été téléchargée et effacée.

    Nataniel

     


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